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Restaurer les vitraux Partie I

La restauration des vitraux civils exposés en 2014 à la Cité du vitrail

07 février 2015

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Restaurer les vitraux Partie I

Avant leur exposition à la Cité du vitrail en juin 2014, le Conseil général de l’Aube a financé la restauration de 7 vitraux en la confiant à deux ateliers troyens : La Manufacture Vincent-Petit et l’atelier Le Vitrail. Flavie Serrière Vincent-Petit, restauratrice, créatrice de vitraux et membre du comité scientifique de la Cité du vitrail, a livré ses secrets de restauration sur les vitraux exposés à la Cité du vitrail et s’est confiée à quelques anecdotes.

  • Quelles œuvres ont été restaurées ?

Les 7 vitraux concernés par une restauration avant présentation dans l’exposition sont : saint Claude, les Sibylles, le Portement de Croix, l’Entrée d’Henri IV à Paris, le blason de la famille Serqueil, le duelliste et le rondel de Nicolas de Lyre. Si certains vitraux ont nécessité peu d’intervention, d’autres ont demandé un travail plus conséquent. Trois œuvres ont fait l’objet d’une préparation à l’exposition. Par exemple, saint Claude (XVIe siècle) a été nettoyé avec un solvant et son cadre a été réparé. La vitrerie encadrant le duelliste (XVIIe siècle) à l’origine a été retirée. Quatre autres vitraux ont été entièrement restaurés, parmi lesquels le blason de la famille Serqueil (XVIIe siècle) ou le Portement de croix (v. 1540) restauré par l’atelier Le Vitrail d’Alain Vinum.


  • Quel vitrail vous a posé le plus de problèmes ? Pourquoi ? De quelle nature étaient-ils ?

C’est le vitrail des Sibylles (v. 1540) qui a posé le plus de problèmes car il a fallu faire un choix de déontologie et de recomposition. En effet, il était très lacunaire, cassé, sale et manquait de cohésion entre les différentes parties. Le travail a consisté à recomposer les cheveux de la Sybille de droite puis à redonner une cohérence à son visage et son cou. La tête de la Sibylle de gauche est conservée aux musées de Troyes, tandis que le reste du vitrail est exposé habituellement dans la salle des séances de la Société académique de l’Aube. Les deux éléments ont donc été exceptionnellement réunis pour l’exposition permanente de la Cité du vitrail. Ils seront à nouveau dissociés au terme du prêt. Un fac-similé de la tête pourrait être réalisé lors du retour du vitrail à la Société académique de l’Aube.

 

  • Le vitrail d’Henri IV était fragmenté en 24 morceaux. Comment l’avez-vous restauré ?

Ce vitrail a été restauré dans les années 1980 par Claude Courageux. Cette période marque le début de l’utilisation de la résine pour réassembler les verres fragilisés entre eux. Avant cette époque, seul le plomb dit « de casse » permettait de réparer un vitrail dont certains verres étaient cassés. Pourtant, Claude Courageux a préféré cette dernière technique de restauration. Malheureusement, tous les fragments de verre n’avaient pas été remis à leur place.

 

Détails du vitrail d'Henri IV

La restauration de 2014 a donc consisté à retirer tous les plombs de casse afin de redonner une lisibilité à l’œuvre tout en gardant trace des précédentes interventions. Deux types de peinture ayant été utilisés, la grisaille et l’émail, un traitement préventif a été appliqué sur ceux-ci. Certains manques ont été comblés afin de redonner sa cohérence au vitrail. Pour cela, un moule de la lacune a été réalisé en cire dentaire avant d’y couler de la résine. Enfin, une peinture naturelle à froid (sans cuisson) a redonné sa lecture au vitrail.

 

 

 

  • Avez-vous eu quelques belles surprises lors de la restauration de ces vitraux ?

Le blason de la famille Serqueil (v. 1620), exposé dans la salle des séances de la Société académique de l’Aube s’est révélé durant la restauration. Nous avons ainsi découvert que le blason pouvait être un rébus du nom de la famille. En effet, nous pouvons observer dans le médaillon central une tête de cerf et un cœur : cerf-cœur, pour Serqueil. Par ailleurs, ce vitrail possède une vitrerie du XIXe siècle réalisée par le troyen Louis-Germain Vincent-Larcher. Les verres utilisés sont photosensibles. Leur composition, à base de manganèse, permet d’obtenir des verres blancs. En réaction avec la lumière, ils ont rosi au fil du temps.

 

 

 

 

 

  • Tous les vitraux que vous avez restaurés sont conservés dans un musée. Y-a-t-il une différence avec les vitraux conservés dans des monuments ?

Les vitraux de musées sont généralement conservés dans de bonnes conditions. On ne retrouve pas de problèmes liés à l’humidité, à la condensation, aux casses dues à l’environnement, etc. L’exposition d’un vitrail dans un musée limite donc l’accélération des altérations traditionnelles. La problématique relève plus de l’esthétisme que de la restauration lourde. Dans la plupart des cas, une conservation préventive suffit. Dans les musées, contrairement aux monuments, le « climat » autour de l’œuvre peut être plus facilement corrigé.

 

 


Découvrez le métier de restaurateur de vitraux dans notre prochaine actualité...

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