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Le XVIe siècle : l'âge d’or

1480-1550 : l’âge d’or du vitrail

Troyes et la Champagne méridionale entament vers 1480 et jusqu’en 1550 une période de grande prospérité. Troyes, ville royale, développe, outre le textile, des industries nouvelles : imprimerie, papier et cuir. Les foires, sans retrouver leur gloire d’antan, permettent l’émergence d’une riche bourgeoisie de marchands qui acquièrent des seigneuries rurales. Ces bourgeois seront de généreux mécènes, tout comme les familles de la noblesse au sein desquelles se recrutent des officiers royaux à l’ascension sociale fulgurante. Les chantiers de construction sont relancés.

 

La cathédrale va s’achever. Le grand incendie de 1524 qui détruit un tiers de la ville de Troyes accentue encore le mouvement. Trois églises – Saint-Jean, Sainte-Madeleine, Saint-Nicolas – sont rebâties avec de spectaculaires programmes de vitraux. Dans l’ensemble du diocèse, plus de 200 églises sont restaurées ou construites. L’époque est à l’apparat. En Champagne, l’efflorescence artistique se centre sur deux pôles : la sculpture et le vitrail.

Vitrail dit Des Triomphes de Pétrarque d’Ervy-le-Châtel
L’allégorie des Triomphes de Pétrarque, (ici, la Virginité) vers 1502, église Saint-Pierre-es-liens, Ervy-le-Châtel (Aube). Cette verrière, qui s’inspire de l’oeuvre de Pétrarque, est une représentation allégorique unique en France, parcours moral dans la vie humaine, dont le modèle est la Vierge. © Flavie Vincent-PetitL’allégorie des Triomphes de Pétrarque, (ici, la Virginité) vers 1502, église Saint-Pierre-es-liens, Ervy-le-Châtel (Aube). Cette verrière, qui s’inspire de l’oeuvre de Pétrarque, est une représentation allégorique unique en France, parcours moral dans la vie humaine, dont le modèle est la Vierge. © Flavie Vincent-Petit

 

Entre 1480 et 1580, plus de 1300 verrières sont installées dans les centaines d’églises agrandies ou construites au sein du diocèse de Troyes. À la fin du XVe, au jaune d’argent vient s’ajouter la sanguine permettant de nuancer les carnations et les chevelures, depuis le brun chaud jusqu’au roux intense et au rouge vif. Au XVIe siècle, ces deux couleurs vitrifiables, puis l’introduction des émaux, revivifient l’art du vitrail. Elles permettent de peindre toutes les couleurs sur le verre incolore, enrichissent ainsi les décors avec un rendu plus réaliste et libèrent progressivement les artistes de l’utilisation du verre teint dans la masse.

Les vitraux très colorés, composés en verrières cloisonnées, se lisent telles des bandes dessinées. À partir de 1530, ils cohabitent avec les grisailles historiées dont la mode perdure jusqu’en 1580. Cela s’explique en partie par l’influence du chantier royal de Fontainebleau et l’activité troyenne de Dominique le Florentin. Peintre et sculpteur, ce dernier exécute aussi des cartons de vitraux, introduisant les éléments stylistiques de la Renaissance. Les verrières incolores sont peintes de grisailles en camaïeu gris ou brun, de jaune d’argent aux tons dorés, citron ou orange. Les seules, mais éclatantes taches de couleur, – généralement des armoiries – sont réalisées avec des émaux teintés. Ces oeuvres représentent le plus souvent des personnages majestueux. Dans d’autres cas, d’impressionnantes scènes occupent la surface entière de la verrière. L’ensemble présente une homogénéité stylistique et technique.

Les caractéristiques du vitrail XVIe :
- des verres aux couleurs éclatantes et de forts contrastes ;
- un dessin appuyé ;
- de nombreuses inscriptions ;
- une coupe élaborée du verre. Les courbes et les contrecourbes audacieuses se multiplient notamment dans les phylactères ;
- les gravures du verre permettent des « perlés » pour représenter broderies et joyaux ;
- les montages en chefs-d’oeuvre, exploits techniques des maîtres-verriers incrustent en force un morceau de verre entouré d’un anneau de plomb pour parsemer un ciel d’étoiles, un arbre de pommes ou dessiner une bouche, etc. ;
- les verrières cloisonnées : composition de petites scènes disposées en registres superposés qui occupent une, deux voire trois lancettes pour raconter une histoire (le sens de lecture n’est pas constant) ;
- les grisailles historiées. Typiques du patrimoine vitré champenois, elles apparaissent à Troyes, à l’église Saint-Pantaléon en 1531. Elles représentent des personnages majestueux ou des scènes monumentales.

Courbes et contrecourbes
Les Quatre Vertus, 1548, église Saint-Martin, Rumilly-les-Vaudes (Aube).
Les phylactères, avec leurs courbes et leurs contre-courbes, démontrent la maîtrise des maîtres-verriers dans la coupe du verre.
© J. Philippot

Vitrail - Les Quatre vertus - Rumilly

Verrières cloisonnées
La Genèse, vers 1550, église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Brienne-le-Château (Aube).
La verrière divisée en compartiments présente, entre autres scènes, l’épisode de l’Arche de Noé ; elle est peinte en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc.
© Denis Krieger

Vitrail - La Genèse - Brienne-le-Château

Nombreuses inscriptions
Les Triomphes de Pétrarque (détail de la Mort), 1502, église Saint-Pierre-es-liens, Ervy-le-Châtel (Aube).
© Flavie Vincent-Petit

Vitrail - Triomphes de Pétrarque (détail de la Mort)

Montages en chefs-d'œuvre
Crucifixion, première moitié du XVIe siècle, église de l’Assomption, Rosnay-L’Hôpital (Aube).
Les étoiles, illustration des montages en chefs-d’œuvre, sont insérées dans le vitrail indépendamment du réseau de plomb.
© Flavie Vincent-Petit
Vitrail - Rosnay-L'Hôpital - étoiles
Grisailles historiées
L’Apocalypse, vers 1530-1540, église Saint-Georges, Chavanges (Aube).
Détail : les quatre chevaliers de l’Apocalypse.
© J. Philippot
Vitrail - Apocalypse - Chavanges

XVIe siècle, l'âge d'or
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